Zeisterre, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Village troglodytique de Barry

Du néolithique jusqu'aux premières décennies du XXe siècle, le village troglodytique de Barry, creusé dans la molasse au-dessus de Bollène, a abrité cinq strates de civilisations. Fermé en 2009 pour risque d'éboulement, il a rouvert après 2,4 millions d'euros de travaux de restauration. Les cavités portent encore les traces des vers à soie, du vin et de la lessive de la Provence rurale.
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Country

France

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Le lieu

La molasse est un calcaire sableux, tendre et facile à creuser, à condition de savoir qu’il finit par s’effriter. C’est ce qui explique à la fois l’existence de Barry et sa longue fermeture : ce village troglodytique du Vaucluse, accroché au flanc d’un éperon rocheux dominant la plaine rhodanienne entre Bollène et Saint-Paul-Trois-Châteaux, a été habité du néolithique jusqu’au début du XXe siècle. Et c’est l’instabilité de la falaise de molasse qui a forcé sa fermeture en 2009, jusqu’à la restauration menée avec 2,4 millions d’euros sur cinq ans.

Cinq strates de civilisations se lisent sur le plateau de Barry : outillage préhistorique en silex taillé, oppidum gallo-romain que certains historiens identifient à l’antique Aéria, capitale des Tricastins celto-ligures évoquée par le géographe grec Strabon, village médiéval avec ses remparts, chapelle rupestre et château, puis habitat troglodytique actif jusqu’aux premières décennies du XXe siècle. À l’intérieur des cavités, on peut encore lire les traces de la vie quotidienne : cuves à vin creusées dans la roche, placards, cheminées, éviers, citernes, bugadières (bacs à lessive). Et des petits trous réguliers dans les murs, qui servaient à nourrir les vers à soie, principale activité locale au XIXe siècle. Le dernier habitant était un ermite qui vivait seul dans sa maison rupestre.

Le site a été réouvert au public après la fin des travaux de mise en sécurité. Le tour extérieur par le sentier balisé (boucle de 5 km, environ 1h20) permet de longer les habitations depuis le chemin, avec des vues sur la plaine du Tricastin et la centrale nucléaire voisine — étrange contraste avec la molasse et les toits de tuiles romaines. Des visites guidées sont organisées sur inscription par l’association Barry-Aeria à la belle saison.

Accès libre depuis la Montée de Barry, 84500 Bollène. Sentier balisé, boucle de 5 km, 129 m de dénivelé. Chiens bienvenus. Visites guidées sur inscription auprès de l’association Barry-Aeria (barry-aeria.fr) ou de l’Office de Tourisme de Bollène (04 90 40 51 45). À 5 km de Bollène centre.

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