Greudin, Public domain, via Wikimedia Commons

Mosquée Missiri

Construite en 1930 par les tirailleurs sénégalais eux-mêmes dans le camp militaire de Fréjus, la mosquée Missiri imite la grande mosquée de Djenné au Mali avec ses tours à pointes et ses murs d'ocre. Elle était moins un lieu de culte (la plupart des soldats étaient animistes) qu'un symbole culturel pour briser l'isolement des troupes coloniales. Inscrite aux monuments historiques en 1987, elle fait l'objet d'un vaste chantier de restauration depuis 2024.
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Country

France

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Le lieu

Dans le Var, au milieu des pins parasols de la périphérie de Fréjus, une silhouette surgit, rouge ocre, inattendue : la mosquée Missiri. Ses tours à pointes, son plan carré, ses murs de ciment enduit d’ocre imitant la terre crue évoquent immédiatement la grande mosquée de Djenné, au Mali. « Missiri » vient du bambara et signifie simplement « mosquée ».

L’histoire de sa construction résume à elle seule l’ambiguïté de l’empire colonial français. En 1928, le capitaine Abdel Kader Mademba, appuyé par le colonel Lame, commandant du camp militaire de Caïs, décide de construire un lieu pour les tirailleurs sénégalais stationnés à Fréjus depuis 1910. L’objectif explicite, tel qu’il le formule lui-même : « Donner au tirailleur noir l’illusion, la plus fidèle possible, de la matérialisation d’un cadre analogue à celui qu’il a quitté. » La mosquée est achevée en 1930, bâtie par les tirailleurs eux-mêmes. Elle est alors entourée de cases africaines et de termitières reconstituées, aujourd’hui disparues. Particularité : la plupart de ces soldats étaient animistes, non musulmans. La Missiri n’était pas tant un lieu de culte qu’un espace symbolique de rassemblement et de palabres, un morceau d’Afrique planté dans le Var.

Le bâtiment n’a jamais été doté d’une toiture ; les peintures murales intérieures sont restées inachevées. Une intervention récente a permis de restituer deux fresques : un chameau sur la face est, deux tirailleurs sur la face ouest, réalisés par un caporal de l’armée sénégalaise. Inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1987, labellisée Architecture contemporaine remarquable en 2001, la mosquée a été achetée par la Ville de Fréjus en 2019. Un grand chantier de restauration et de valorisation est en cours depuis fin 2024, avec l’objectif d’ouvrir le site durablement au public.

Extérieur visible librement toute l’année. Visites intérieures lors des Journées du Patrimoine ou sur organisation spéciale.

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