Château de Rennes-le-Château

En 1910, l'évêché demanda à l'abbé Saunière d'expliquer comment un curé de campagne avait dépensé l'équivalent de plusieurs millions d'euros en travaux. Il ne répondit jamais clairement. La thèse du trafic de messes est la plus solide historiquement. Rennes-le-Château et son domaine néogothique dans les Corbières de l'Aude restent depuis Dan Brown le centre mondial du tourisme ésotérique.
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Country

France

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Le lieu

En 1886, l’abbé Bérenger Saunière prend en charge la cure d’un village de l’Aude qui comptait une centaine d’habitants. En 1897, il commence à rénover l’église. En 1900, il fait construire une villa, une tour-bibliothèque et des jardins. Quand l’évêché de Carcassonne lui demande des comptes en 1910, Saunière dépense en travaux l’équivalent de plusieurs millions d’euros d’aujourd’hui sans en justifier l’origine. Il sera suspendu de son ministère. C’est la seule certitude de l’affaire Saunière. Le reste est matière à interprétation depuis plus d’un siècle.

La thèse la plus solidement établie par les historiens récents est le trafic de messes : Saunière aurait vendu, par voie de correspondance à travers toute la France et l’Europe, des messes en nombre très supérieur à ce qu’un prêtre peut officiellement célébrer. Les sommes accumulées étaient considérables mais le procédé était illégal au regard du droit canonique. Les théories ésotériques, elles, ne manquent pas : trésor wisigoth, parchemins cachés sous l’autel, descendance mérovingienne du Christ, Graal, Templiers. En 2003, Dan Brown puisa dans ces spéculations pour « Da Vinci Code », faisant de Rennes-le-Château un haut lieu du tourisme ésotérique mondial.

Ce que l’on visite à Rennes-le-Château est le domaine que Saunière fit construire entre 1900 et 1910 : la villa Béthania, la Tour Magdala néogothique avec sa bibliothèque et son rempart-promenade, l’orangerie, les jardins et le presbytère transformé en musée. Deux artefacts carolingiens découverts par Saunière en 1887 y sont exposés, dont la dalle des Chevaliers et le pilier wisigoth sous lequel il aurait trouvé des documents. L’église Sainte-Marie-Madeleine, avec sa décoration insolite (un diable soutenant le bénitier, des statues déplacées de leur position conventionnelle, l’inscription « Terribilis est locus iste » au-dessus du porche) se visite gratuitement.

Village accessible depuis Limoux (30 km) ou Couiza (6 km, route sinueuse). Visite libre ou avec tablette numérique. Très fréquenté en été malgré la taille du village : préférer les jours de semaine ou la basse saison. Accès par route uniquement, pas de transport en commun direct.

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