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Le lieu
Sa veuve a compté après sa mort : 29 000 heures de travail, 4 millions de débris de vaisselle, 15 tonnes de matériaux. Raymond Isidore, lui, ne comptait pas. Il ramassait, assemblait et recommençait.
À Chartres, dans l’Eure-et-Loir, la Maison Picassiette est la demeure qu’un cantonnier de la voirie, Raymond Isidore, recouvrit entièrement entre 1938 et 1964 de mosaïques réalisées à partir de tessons de verre, de faïence et de vaisselle ramassés lors de ses tournées. Les murs intérieurs et extérieurs, les sols, les plafonds, le mobilier, la cour et le jardin sont entièrement tapissés de ces éclats assemblés en scènes figuratives : la cathédrale de Chartres, la tour Eiffel, des paysages de rêve, la Cène, Jérusalem, des animaux et des visages. Ses voisins le surnommèrent « Picassiette » (celui qui pique les assiettes), et le surnom lui resta. Mort en 1964 sans avoir tout à fait achevé son œuvre, quelques recoins en plâtre nu en témoignent encore. La maison est classée monument historique depuis 1983.
La visite commence par le jardin : chapelle, cour noire avec une représentation en trois dimensions de la cathédrale, Porte du Paradis peinte d’oiseaux, jardin du Paradis avec parterres et statues, Tombeau de l’Esprit. L’intérieur de la maison, accessible uniquement en visite racontée avec une « gardienne de l’esprit du lieu », donne accès aux pièces privées où l’œuvre se fait plus intime et plus dense. Des ateliers de mosaïque sont proposés pour les enfants.
Ouverte du 14 février au 29 novembre 2026, du mercredi au samedi de 10h à 13h et de 14h à 18h, le dimanche de 12h à 18h. Plein tarif visite libre 9 euros, tarif réduit 5 euros, gratuit pour les moins de 6 ans. Visite racontée à partir de 15 euros. Accès depuis la gare de Chartres (20 minutes à pied) ou bus ligne 4, arrêt Picassiette.