Accueil > France > Île-de-France > Paris > Immeuble Lavirotte
Country
Price
Access
Duration
Le lieu
Le jury du concours de façades de la ville de Paris nota en 1901 que c’était « le premier exemple d’utilisation de la céramique pour la construction courante sur une aussi grande échelle ». Cette remarque très administrative résume mal ce que l’on voit réellement au 29 avenue Rapp : une façade où tout ondule, où rien n’est droit, où le grès flammé vert et ocre couvre chaque surface à partir du premier étage, et où les allusions érotiques s’accumulent avec une désinvolture qui scandalisa le Paris bourgeois de 1901.
Jules Lavirotte conçoit l’immeuble avec le céramiste Alexandre Bigot, premier fabricant français de grès flammé, dont la façade constitue littéralement une vitrine commerciale grandeur nature. Le sculpteur Jean-Baptiste Larrivé, élève de Rodin, réalise le morceau de bravoure central : la porte encadrée d’un couple nu, d’une femme au renard qui serait selon certaines sources un portrait de l’épouse de l’architecte, et d’un gamin aguicheur. La porte en chêne est découpée d’un motif phallique, la poignée prend la forme d’un lézard, terme d’argot du début du XXe siècle pour désigner le sexe masculin. Les balustres des balcons reprennent des formes qui ne trompent personne. Les ferronneries du troisième étage, signées Auguste Dondelinger, s’y ajoutent comme une torsion supplémentaire. L’immeuble fut lauréat du concours en 1901 et est classé Monument Historique depuis 1964.
Deux autres immeubles de Lavirotte sont visibles à quelques pas : le 3 square Rapp et la rue Sédillot. Pour aller plus loin, le Céramic Hôtel avenue de Wagram, primé lui aussi en 1905, reprend la même collaboration avec Bigot dans un esprit plus apaisé.
Façade visible librement 24h/24 depuis le trottoir. Immeuble privé habité, accès intérieur interdit. Métro École Militaire (ligne 8) ou Bir-Hakeim (ligne 6). La lumière naturelle entre 10h et 16h révèle le mieux les nuances des grès flammés.